Chronigrippe - Octobre 2009

Date de mise en ligne : 6 novembre 2009 > 16:15
Dernière modification de cet article : 3 décembre 2009 > 15:30

L’essentiel

Depuis fin août, l’épidémie de grippe A(H1N1) recule dans l’hémisphère sud, tandis que s’amorce une deuxième vague épidémique au Canada, aux Etats-Unis et au Mexique. En Europe l’activité grippale est forte dans l’ouest du continent.

En France métropolitaine, alors que 16 nouveaux décès ont été observés en octobre, la circulation du virus s’intensifie, notamment en Ile-de-France. Le plan national mis à jour en février 2009 est activé au niveau 5A, compte tenu de la situation épidémiologique. Outre-mer, la circulation du virus est en nette décroissance en Martinique, en Guyane et en Guadeloupe. Dans les îles de l’hémisphère sud l’épidémie est terminée.
Le Centre interministériel de crise se réunit chaque semaine ; la campagne de vaccination contre la grippe H1N1 a débuté le 20 octobre dans les hôpitaux pour les professionnels de santé.

S’agissant de la situation liée au virus H5N1, l’épizootie d’influenza aviaire se poursuit en Egypte et en Indonésie, zones d’endémie. Par ailleurs, plusieurs corbeaux morts porteurs du virus H5N1 ont été retrouvés en Côte d’Ivoire.

La situation épidémiologique

Grippe A (selon données InVS du 03/11/09)

1. France métropolitaine
L’épidémie s’intensifie dans toutes les régions, mais de façon plus marquée en Ile de France : depuis le début de l’épidémie 22 décès ont été constatés.

2. Outre-mer
Antilles Guyane : dans tous les départements français d’Amérique l’activité grippale diminue.
1 décès en Martinique, 1 décès en Guadeloupe, 1 décès en Guyane.
Réunion : l’épidémie est terminée ; 6 décès.
Mayotte : baisse notable des consultations. 2 décès.
Nouvelle-Calédonie : 9 décès ; fin de vague épidémique.
Polynésie : 7 décès ; fin de vague épidémique.

3. International
La quasi-totalité de la planète est touchée.
En Europe l’activité grippale est très élevée en Islande en Irlande et en Irlande du Nord. L’Ukraine est confrontée à une saturation du système de soin. Stabilité de l’épidémie au Maghreb. Au Moyen-Orient, progression du nombre de cas au Koweït, en Iran et en Arabie saoudite.
En Afrique sub-saharienne l’épidémie se termine.
Situation contrastée en Asie : activité en diminution en Inde, mais en augmentation au Japon ; tendance à la diminution à Hong-Kong.
Sur le continent américain la deuxième vague continue de progresser notamment aux Etats-Unis et au Canada ; au Mexique, l’activité est intense. Transmission soutenue dans les zones tropicales.
Cas sporadiques en Australie et en Nouvelle-Zélande.

Grippe aviaire (données OMS du 24/09/2009)

Au total, 442 cas confirmés, dont 262 décès depuis janvier 2004, dans 15 pays.

Des avancées scientifiques et techniques

The Journal of the American Medical Association publie une série d’articles rapportant des cas de détresse respiratoire liée au virus A(H1N1)v en Australie, Nouvelle-Zélande, au Canada et au Mexique, observés chez de jeunes adultes, au cours de la première vague épidémique survenue dans ces pays.
De tels cas plaident pour une préparation active des secteurs de réanimation à un accroissement du nombre de patients et pour le lancement de la vaccination avant la vague épidémique, à venir en métropole, durant la période hivernale 2009-2010.

L’Institut de Veille Sanitaire fait paraître dans la revue Eurosurveillance une analyse sur les risques associés aux origines ethniques, en matière de grippe pandémique. Dans les pays des Amériques et du Pacifique, où des données sont disponibles, le nombre de malades est plus élevé dans les populations autochtones, qui semblent également être environ trois à six fois plus prédisposées à développer une maladie grave et à décéder.
Ces observations peuvent être associées à des facteurs de risque connus (diabète, obésité, asthme, affections respiratoires chroniques et grossesse), mais aussi à d’autres facteurs (taille des familles, surpeuplement pauvreté, différences dans l’accès aux soins, facteurs génétiques). Cette vulnérabilité accrue des populations autochtones justifie des actions immédiates dans la gestion de la pandémie actuelle, notamment en matière d’éducation sanitaire (promotion de l’hygiène et de la vaccination) et d’accès aux soins (traitement antiviral précoce).

Des nouvelles de la préparation à une pandémie grippale

A l’international

La Banque mondiale a mobilisé plus de 200 millions de dollars en mai dernier, pour soutenir le Mexique dans la lutte contre l’épidémie de grippe A. Depuis la banque a apporté un soutien financier à plus d’une douzaine de pays dans la région. L’aide peut s’envisager dans trois domaines :

  • l’instauration précoce d’une communication de crise transparente et proactive ;
  • le renforcement des structures de santé publique, afin de disposer d’un système de surveillance de la maladie suffisamment fin, pour permettre de disposer des données épidémiologiques incontournables ;
  • l’achat de vaccin.

Le président Obama a déclaré l’épidémie de grippe A (H1N1) « urgence nationale », afin de permettre, notamment, l’ouverture de centres de soins dans des écoles ou de donner une priorité à la prise en charge des patients dans les hôpitaux. Cette mesure a été prise afin que le service de santé soit prêt dans l’éventualité d’une rapide augmentation des cas dans le pays de nature à saturer le système de soin.

En France

Deux circulaires aux préfets, détaillent la mise en place des centres de vaccination et les modalités de la mobilisation des professionnels de santé. Les professionnels de santé mobilisables pour la vaccination seront les élèves infirmiers et les étudiants en médecine en premier lieu, les professionnels de santé retraités ensuite.
-  consulter la circulaire du 28 octobre 2009 relative à l’organisation de la campagne de vaccination (pdf, 399.2ko) et les volets opérationnel (pdf, 682.8ko), technique (pdf, 1Mo) et informatif (pdf, 268.4ko).
-  consulter la circulaire du 21 août 2009 concernant la planification logistique d’une campagne de vaccination contre le nouveau virus A(H1N1) (pdf, 1.1Mo).

La ministre de la santé a adressé un courrier aux professionnels de santé en insistant sur le caractère altruiste de la vaccination contre la grippe A, qui protège tout en protégeant l’entourage. Elle sollicite la collaboration des actifs, des étudiants, des retraités dans le fonctionnement des centres de vaccination et dans l’information de la population.

Tous les mardis le Dilga réunit les hauts fonctionnaires de défense d’une part, en Mardigrippe, et les responsables de communication de chaque ministère d’autre part, en Copil Info grippe, pour animer et orienter les travaux de préparation à une pandémie. Les thèmes abordés au cours du mois écoulé ont été les suivants :

  • Thèmes de Mardigrippe : les pires scénarios - la vaccination des français à l’étranger - la préparation des petites entreprises - l’information des collectivités locales.
  • Thèmes du Copil Infogrippe : préparation d’un dépliant « Vie quotidienne en pandémie ».

Temps forts des semaines à venir

Elargissement de la vaccination contre le virus A(H1N1) le 12 novembre dans les 1 080 centres ouverts au public en France :
Les opérations concerneront en premier lieu les populations à risque (les professionnels de santé du secteur ambulatoire, suivis de l’entourage des nourrissons de moins de 6 mois, des professionnels chargés de l’accueil de la petite enfance, des nourrissons de 6-23 mois avec facteur de risque, des sujets de 2 à 64 ans avec facteur de risque). Conformément aux recommandations du Haut Conseil de la santé publique (HCSP), un vaccin non adjuvé est prévu pour les femmes enceintes.

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