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Didier Houssin, délégué interministériel à la lutte contre la grippe aviaire et directeur général de la santéDidier Houssin, délégué interministériel à la lutte contre la grippe aviaire, et directeur général de la santé, a bien voulu répondre à nos questions lors d’une interview. Date de mise en ligne : 6 mai 2009 > 20:34
Dernière modification de cet article : 8 mai 2009 > 11:22
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Aujourd’hui 7 mai : quel est l’état de la situation ? Ce phénomène épidémique a débuté au Mexique à la fin du mois d’avril, le 24, moment où l’Organisation Mondiale de la Santé a eu cette alerte venant du Mexique : on sait maintenant que les premiers cas remontaient vraisemblablement à début mars, que probablement l’épidémie s’est développée dans la zone de Mexico plus largement qu’on ne le pensait au début. Cette épidémie a entraîné maintenant un nombre de cas aux Etats-Unis, et, depuis la fin du mois d’avril, également en Europe, notamment en France où à ce jour on a confirmé l’observation de cinq malades qui avaient été en contact avec ce virus lors d’un séjour à Mexico. Quels sont les symptômes ? Quelles sont les règles d’hygiène à respecter ? Les symptômes, comme dans toute grippe, traduisent un état inflammatoire assez sévère avec de la fièvre, une sensation de malaise, parfois des douleurs à la tête, une fatigue, et puis des signes respiratoires : principalement de la toux, une gêne à respirer, parfois. Ce sont les deux principales catégories de signes. Pour se protéger, ce sont les mesures d’hygiène qui sont recommandées face à toute épidémie de grippe : lavage des mains plusieurs fois dans la journée avec du savon - c’est un point très important. Comme la transmission se fait de manière respiratoire, utiliser un mouchoir lorsque l’on tousse ou que l’on éternue, pour éviter de projeter des particules virales dans l’environnement si l’on est malade. Et puis dès qu’il y a apparition de symptômes, se manifester auprès de son médecin traitant ou du 15. Actuellement dans cette phase débutante, on recommande l’appel au 15 pour que les personnes qui reviennent du Mexique puissent être rapidement identifiées et qu’on puisse mener les investigations nécessaires. On parle de stabilisation. Est-ce pour autant que le virus va disparaître ? La grippe saisonnière est une grippe qui en France comme dans tous les pays de monde survient tous les hivers. C’est un phénomène récurrent qui est lié à l’histoire naturelle des virus de la grippe. Chaque hiver il y a une épidémie de grippe dite saisonnière, qui commence à partir du mois d’octobre - novembre, parfois un peu plus tard. La grippe aviaire, liée au virus H5N1, est une forme de grippe qui pour l’instant n’a pas été observée chez l’homme. On a des cas de personnes qui ont été malades au contact d’oiseaux, qui peuvent être porteurs de ce virus H5N1, mais il n’y a pas eu à ce jour d’épidémie de grippe liées au virus H5N1, simplement on la redoute. Quant à ce nouveau virus, ce H1N1, c’est un nouveau virus de la grippe auquel l’humanité n’a jamais été confrontée et qui évidemment à un potentiel important d’extension dans la population : c’est la raison pour laquelle on redoute une épidémie. La France est-elle bien préparée face à cette situation ? La France est préparée, depuis 5 ans, non seulement en termes d’organisation, de planification, d’information, de formation, mais elle a également, et cela dans le secteur santé, procédé à des acquisitions de produits qui sont destinés à protéger la santé des Français. Elle a acquis un stock de 33 millions de traitements de médicaments antiviraux, qui permettraient de soigner l’ensemble des personnes malades parce que, même si beaucoup de personnes étaient malades, toute la population ne serait pas malade. Nous avons également acquis un stock de masques important pour que les personnes malades puissent les porter et limiter ainsi le risque de contamination de leur entourage. Et puis dans le milieu professionnel, il y a eu également des acquisitions de masques destinés à protéger les professionnels les plus exposés, comme les professionnels de santé, pour faire en sorte qu’ils puissent continuer leur activité professionnelle dans les meilleurs conditions de sécurité. Ce n’est pas une garantie absolue mais c’est une amélioration des conditions de sécurité. Combien de temps nous faut-il pour mettre en place un vaccin ? Un vaccin contre ce virus H1N1 réclamerait quelques mois, quatre à six mois, pour commencer à être produit. C’est une des discussions qui va être conduite dans les jours qui viennent au niveau de l’Organisation Mondiale de la Santé pour savoir comment fabriquer ce vaccin, quel type de vaccin fabriquer... C’est un point qui va être discuté très prochainement. Quelles sont les implications dans la vie quotidienne ? Il est important bien sûr que l’Etat se prépare, que les collectivités locales se préparent, que les entreprises se préparent, que les associations se préparent, mais aussi que chacun se prépare. Se préparer veut dire essentiellement s’informer, et adopter les gestes d’hygiène que j’ai déjà mentionnés. Une manière de s’informer, c’est de consulter sur le site www.pandemie-grippale.gouv.fr le guide qui a été fait à l’intention des citoyens : le guide pratique pour la vie quotidienne en pandémie. |
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