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Surveillance de la grippe : l’action du réseau des "GROG" par les docteurs Mosnier et CohenLes docteurs Anne Mosnier et Jean Marie Cohen sont coordinateurs nationaux du Réseau des GROG. Créé en 1984, le réseau des « GROG » (Groupes Régionaux d‘Observation de la Grippe) rassemble les acteurs de la médecine de ville (médecins, pharmaciens) autour d’un objectif : exercer une surveillance de la grippe saisonnière dans le milieu où elle sévit le plus, le milieu urbain ou à concentration humaine. Date de mise en ligne : 7 avril 2009 > 17:55
Dernière modification de cet article : 26 juin 2009 > 10:58
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Qu’est-ce que le Réseau des GROG ? Qu’est-ce qui a motivé sa création ?Le Réseau des GROG (Groupes Régionaux d‘Observation de la Grippe) est né en 1984, de la réflexion commune d’un médecin généraliste, le docteur Jean Marie Cohen, d’un virologue, le professeur Claude Hannoun et d’un épidémiologiste, le professeur William Dab. En effet, si depuis les années 50, l’Organisation Mondiale de la Santé insistait sur la nécessité de surveiller le virus grippal, un virus changeant, à potentiel pandémique, la surveillance de la grippe restait très insuffisante, basée essentiellement sur des données hospitalières. L’idée est alors venue à ces trois acteurs de soin de surveiller le virus là où on le trouve le plus : dans la communauté. La mise en place du Réseau des GROG a reposé sur le constat que les soignants de ville étaient en première ligne face aux épidémies de grippe saisonnière. Maladie fréquente, la grippe saisonnière amène surtout les patients chez les soignants de ville (médecins et pharmaciens) permettant à ces derniers de communiquer : Le « principe GROG » était né : un réseau pluridisciplinaire, régionalisé, confrontant en temps réel des données virologiques spécifiques (prélèvements) et des données sanitaires collectées par des professionnels de santé, les « vigies GROG ». En quoi consiste la collaboration entre le Réseau des GROG et les professionnels de santé ?Les données de surveillance sont collectées de façon hebdomadaire, à l’échelon régional, puis centralisées et analysées par la coordination nationale. Une synthèse hebdomadaire est adressée aux vigies et mise en ligne sur le site Internet du réseau. La collaboration avec les soignants de terrain repose sur un certain nombre de principes : Pour les soignants « de terrain », le Réseau des GROG constitue la façon la plus simple de coopérer activement avec des structures comme les Centres nationaux de référence OMS ou l’Institut de Veille Sanitaire (InVS). La présence d’équipes de recherche au sein du réseau permet aussi aux vigies de participer à des projets de recherche animés par des équipes de l’Institut Pasteur et de plusieurs universités. Dans le cadre de votre activité, vous préconisez la synergie entre professionnels de santé. En quoi pensez-vous qu’elle puisse être particulièrement importante en cas de crise sanitaire comme le serait une pandémie grippale ?Depuis l’origine du Réseau des GROG, médecins et pharmaciens de ville, médecins du travail, médecins militaires et virologues très spécialisés sont tournés vers un même objectif : l’alerte grippe. Les réunions et les échanges, très enrichissants et formateurs pour tous, facilitent l’efficacité du réseau. D’ailleurs, la campagne de formations des soignants au risque pandémique mise en place par le Ministère de la Santé a bien montré la nécessité de ces échanges interprofessionnels, au cours desquels chacun apporte son expérience et ses solutions pratiques directement issues du terrain. Au quotidien, chacun est pris par son activité et travaille dans son coin ou dans sa petite communauté (cabinet, maison de santé, quartier) avec un réseau limité de correspondants. Or, on sait qu’en cas de crise sanitaire majeure comme une pandémie, le système de soin sera très rapidement proche du point de rupture. Ce ne sera donc pas à ce moment là que l’on pourra réfléchir à la meilleure façon de s’organiser pour prendre en charge le mieux possible tous les patients. En quoi le travail du Réseau GROG dans le cadre de la grippe saisonnière est-il exploitable, transposable pour la grippe pandémique ?Le Réseau des GROG est un modèle efficace de travail transversal entre professionnels de santé, dans un climat de collaboration et de confiance facilitant les échanges permanents (vigie-coordination régionale-coordination nationale, vigie-virologie). Ce modèle est d’ailleurs celui qui a été retenu pour la mise en place de beaucoup de réseaux de surveillance de la grippe à travers le monde. En cas de crise sanitaire, et tout particulièrement en cas d’épidémie respiratoire inexpliquée ou d’apparition d’un virus pandémique, ce réseau est très rapidement mobilisable. La « culture GROG » du signalement d’évènements inhabituels et la capacité des vigies à faire des prélèvements en font un interlocuteur performant. C’est ainsi que le Réseau des GROG a prouvé son potentiel de réactivité lors de la crise du SRAS. Alerté par la DGS devant la crainte d’une pandémie grippale débutante, le Réseau des GROG a su solliciter immédiatement des médecins généralistes dans toute la France pour aller effectuer des prélèvements chez des personnes revenant du Vietnam et assurer le suivi médical des contacts mis en quarantaine, dans le respect des consignes et en relation étroite avec les Autorités de Santé. Si vous deviez présenter le Réseau des GROG en une phrase ?En pratique, dans chaque région française, au delà de son activité de surveillance de la grippe saisonnière, le Réseau des GROG constitue un maillage pluriprofessionnel du territoire, mobilisable dans un délai très court chaque fois qu’une situation de crise impose la mise en place instantanée d’un système d’information sanitaire combinant épidémiologie, microbiologie spécialisée et articulation entre les soignants, les chercheurs et les Autorités de Santé.
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