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Didier Houssin, délégué interministériel à la lutte contre la grippe aviaire...fait un point de situation sur la grippe aviaire. Date de mise en ligne : 6 septembre 2006 > 09:50
Dernière modification de cet article : 15 novembre 2006 > 15:39
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Quelle est la situation internationale et nationale ? L’évolution internationale reste préoccupante, parce que malheureusement, dans de nouveaux pays, en particulier en Asie du Sud-est, des foyers d’oiseaux contaminés par le virus continuent d’être découverts, les foyers étant particulièrement nombreux, en particulier en Indonésie. D’autre part, en termes de santé humaine, dans ces pays, on continue malheureusement à déplorer des cas humains de contact de volailles, même si l’on n’a pas, depuis le mois de juin, observé de groupement de cas, qui avaient été observés en Indonésie et qui traduisaient un début, une amorce, heureusement avortée, de transmission interhumaine. Concernant la situation nationale, la situation est maintenant saine de point de vue de la santé animale. De temps en temps, nous observons des suspicions de cas humains, des gens qui viennent d’un pays étranger, en particulier d’Asie, et qui sont éventuellement suspects d’avoir été en contact avec des volailles et d’être malades à cause de cela. Mais en pratique, aujourd’hui, la situation, dans notre pays, ne décèle pas de difficulté. Quels sont les enjeux éthiques ? Je crois que l’un des enjeux essentiel aujourd’hui de la préparation d’une pandémie grippale, c’est ce que l’on peut appeler la mobilisation sociale, c’est-à-dire que le pays a élaboré un socle, il a une stratégie d’ensemble, on a acquis les produits, les ministères se sont organisés, ils vont améliorer les choses ; les préfets ont également été mobilisés. Mais maintenant, il faut rentrer dans la partie la plus fine, le tissu social du pays, les petites entreprises, les petites collectivités, les petites communes, chacun d’entre nous. Et cet enjeu de mobilisation, c’est-à-dire finalement de mise en alerte sur cette menace et d’évolution vers des comportements adaptés, auxquels on s’est préparés, qui seraient ceux qui seraient nécessaires en situation de pandémie, c’est le travail que nous avons à faire dans les semaines et les mois qui viennent. C’est la raison pour laquelle - parce que cela soulève beaucoup de questions qui sont d’ordre éthique, parce qu’il y a des questions qui tournent autour des comportements des professionnels, autour de la restriction de certaines libertés, qui tournent autour de l’attitude vis-à-vis des animaux, qui tournent autour de la prise en charge des personnes les plus défavorisées dans les situations les plus difficiles, un colloque à l’initiative du ministre de la Santé va être organisé le 15 septembre sur toutes ces questions éthiques en situation de pandémie, et je crois que c’est un élément important de notre préparation. Quelles sont les recommandations aux entreprises faîtes par le plan gouvernemental (fiche technique G-1) ? La préparation d’une pandémie, l’objectif est d’abord sanitaire. Il s’agit d’éviter que les gens soient malades ou meurent éventuellement de cette maladie. Mais on sait aussi que si chacun s’isolait chez soi, le pays ne pourrait plus continuer à fonctionner et il y aurait des conséquences extrêmement graves, y compris d’ailleurs sur la santé des gens. C’est la raison pour laquelle le projet a été d’élaborer un document guide qui devrait permettre aux entreprises mais aussi aux organismes publics de se préparer dans un double esprit, s’efforcer de continuer à fonctionner - et c’est indispensable pour les activités vitales, concernant le secteur agroalimentaire, l’énergie, l’eau, les médicaments, mais tout en faisant en sorte que des précautions maximales soient prises pour la protection des salariés. Certaines grosses entreprises se sont déjà mobilisées. C’est plus difficile pour les petites. Ceci dit, on dit aux grosses entreprises, "n’oubliez pas que vous dépendez souvent aussi du fonctionnement des petites". Mais malgré tout, l’objectif, c’est donc de faire en sorte que le responsable de l’entreprise, conscient de la difficulté, prenne en charge l’information de ses salariés, leur formation, à tout ce qui concerne les règles d’hygiène, l’acquisition de masques pour protéger éventuellement les personnels exposés. Il y a donc toute une mobilisation en lien avec les partenaires sociaux dans les entreprises pour que celles-ci se préparent à cette éventualité. Mais c’est vrai aussi pour les collectivités locales ; c’est vrai pour un organisme public et finalement, c’est vrai aussi pour chacun d’entre nous. Nous pensons qu’une action d’incitation aura un effet. Nous essaierons de mettre en valeur les expériences positives, en particulier les entreprises qui ont organisé des exercices. Nous essaierons d’organiser des confrontations d’expériences, et je crois que c’est par ce jeu de l’encouragement que nous arriverons petit à petit à mobiliser le tissu social sur ce sujet. Quels sont les objectifs de la campagne d’information lancée par l’INPES, le ministère de la Santé et le ministère de l’Education nationale ? Je crois que l’un des éléments fondamentaux de la préparation à une pandémie grippale, c’est déjà de mieux se comporter face aux infections respiratoires que l’on connaît chaque année, que ce soit la bronchiolite du nourrisson ou la grippe saisonnière, que l’on va connaître cet hiver. Et donc, c’est la raison pour laquelle il a paru essentiel, vis-à-vis des élèves et du corps enseignant, de susciter une campagne d’information sur ce que vous avez appelé "des gestes simples", mais qui malgré tout sont peut-être la manière de se protéger le mieux contre la contamination d’un virus à transmission respiratoire. Les gestes simples, c’est en premier se laver les mains, parce que le virus peut tout à fait être sur les mains et on se le transmet en se serrant la main par exemple ; c’est le fait de mettre sa main devant sa bouche quand on tousse ou quand on éternue ; c’est le fait, lorsque l’on se mouche, de mettre son mouchoir dans une poubelle. Ce sont des gestes tout à fait basiques, mais qui, je crois, méritent d’être repris à zéro, si j’ose dire. |
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