Pour se préparer à un risque de pandémie
Selon la situation et en application du plan national de lutte contre une pandémie grippale, le Gouvernement prend des mesures concrètes différentes en fonction de la détection ou non de l’apparition d’un nouveau virus grippal, afin d’en contenir sa diffusion et de l’éradiquer.
Au plan animal, il s’agit d’éviter l’introduction de l’épizootie en France, et de détecter au plus vite l’épizootie si celle-ci survient en France afin de la contenir et de l’éradiquer France le plus rapidement possible.
Au plan humain, si le cas venait à se présenter sur le territoire, il s’agit de détecter le plus précocement possible d’autres cas humains et bloquer la chaîne de transmission des virus.
Date de mise en ligne : 25 juillet 2009 > 11:10
Dernière modification de cet article : 24 juillet 2009 > 11:26
La stratégie générale de préparation et de réponse à une pandémie grippale vise :
A prendre en compte en amont la menace de pandémie grippale par une veille continue des avancées scientifiques et technologiques, par une politique active de recherche et de développement, par une action permanente de planification, d’information, d’organisation et d’exercices, par l’encouragement du développement des capacités de production de vaccin antigrippal ainsi que par l’acquisition de moyens diversifiés de protection et de traitement.
A coopérer avec les partenaires internationaux de la France : avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour une intervention précoce dans des pays avec des cas groupés (prophylaxie par antiviraux, éventuellement vaccin prépandémique, isolement des zones ...) ; avec l’Union européenne dans un souci d’information réciproque et d’harmonisation des approches des Etats membres, en favorisant, dans ce cadre, la continuité de la circulation des marchandises dans l’Union européenne.
A freiner l’apparition sur le territoire national et le développement d’un nouveau virus adapté à l’homme, par des mesures de santé publique précoces et d’emblée drastiques :
- interruption des liaisons pour le transport des passagers avec les pays touchés, mesures sanitaires aux points d’entrée sur le territoire, limitation des déplacements, investigation épidémiologique avec identification et prise en charge des contacts rapprochés avec les cas possibles ou confirméslors des premiers foyers de cas, le cas échéant utililsation ciblée du vaccincontre la souche A (H5N1) asiatique, maintien à domicile des malades et de leurs contacts, si nécessaire maintien à domicile du personnel dont les activités peuvent être suspendues, limitation des déplacements non indispensables... ;
- limitation des contacts dans les lieux privilégiés de contagion et de forte concentration humaine : arrêt temporaire des transports collectifs ou recommandation de respect des mesures barrières et des règles d’hygiène, fermeture des établissements d’enseignement et de formation, ajournement des manifestations sportives, fermeture des salles de spectacle... ;
- développement et production accélérés d’un vaccin pandémique à administrer selon un ordre de priorité à affiner en fonction des caractéristiques épidémiologiques du virus, notamment aux professionnels les plus exposés, aux personnes présentant des vulnérabilités particulières ou qui sont les plus susceptibles de propager l’épidémie ;
- rappel des mesures de protection et d’hygiène pour le public, dans les milieux professionnels et dans les hébergements collectifs... ;
A sensibiliser les professionnels de santé, les autres professionnels exposés ainsi que le public au respect des mesures de protection et d’hygiène en cas de maladie contagieuse à transmission respiratoire.
A organiser et à adapter le système de santé :
- dès lors que le nombre de personnes touchées devient important, prise en charge proportionnée à l’état des malades : traitement à domicile en l’absence de signes de gravité, décision d’hospitalisation en cas d’aggravation ;
- organisation de structures intermédiaires entre le domicile et l’hôpital : renforcement des centres 15 de régulation médicale, dispensaires, regroupement des malades isolés, centres de coordination sanitaire et social ;
- mobilisation des établissements de santé publics ou privés au maximum de leur capacité ; organisation adaptée à la situation avec circuit particulier pour les patients grippés ;
- utilisation optimale des réserves préalablement constituées de produits de santé (antiviraux notamment, vaccin anti A (H5N1)en fonction des conclusions des experts, etc.), avec un souci de diversification permettant de substituer un produit qui se révélerait efficace à un autre qui le serait de facto moins ;
- maintien d’un approvisionnement adéquat en produits de santé, en matériels médicaux, en équipements de protection, etc.
A organiser la continuité de l’action de l’État et de la vie sociale et économique, ainsi que le maintien de l’ordre public et du respect de la loi dans un contexte dégradé :
- maintien des conditions de vie des personnes à domicile, grâce à une organisation de proximité appuyée sur la solidarité de voisinage et consolidée par les collectivités locales ;
- maintien en toutes circonstances des activités essentielles pour la continuité de l’action de l’Etat et pour la sécurité et la vie de la population (tel l’approvisionnement alimentaire), en s’appuyant sur les collectivités territoriales et en se fondant sur une organisation particulière (relèves préservées, travail à distance) et sur toutes les ressources en personnel disponibles (réservistes, « jeunes retraités », bénévoles, inactifs, personnes guéries...) ;
- maintien, au plus haut niveau possible, des activités économiques, tous secteurs confondus, tout en assurant la protection de la santé des employés ;
- maintien de la sécurité des installations dangereuses dans un contexte de manque de personnel ;
- maintien de l’ordre public et du respect de la loi.
A accompagner cette stratégie par un large effort de communication, d’information et de formation qui s’inscrit à la fois dans la durée et dans un contexte international :
- préparation du pays (population, professionnels) à la gestion de ce risque en diffusant une information régulière et pédagogique sur les risques liés à la pandémie, en instaurant une culture de prévention et en encourageant la solidarité de voisinage ;
- maintien de l’esprit civique et de la cohésion sociale autour des institutions et des pouvoirs publics ;
- coordination de la communication entre tous les acteurs pour garantir la cohérence et l’efficacité de l’information sur la crise elle-même et sur les éléments qui s’y rapportent.
A veiller à maintenir un consensus social autour de principes éthiques :
Une pandémie est une situation exceptionnelle qui exige la définition de priorités d’accès aux moyens sanitaires, un effort de solidarité à tous les niveaux, un engagement de ceux dont les missions impliquent un contact direct avec les malades. Dans une telle situation, un consensus sur des valeurs éthiques partagées est indispensable pour préserver la cohésion de la société, par exemple :
- devoir de solidarité à tous les niveaux, depuis le niveau international jusqu’au niveau local impliquant par exemple les personnes guéries, ayant bénéficié de la politique de santé, dans l’action d’aide auprès des malades ;
- face au devoir de soin par les professionnels de santé, devoir de la société de les protéger, ainsi que leurs familles et ceux que leur fonction conduit à s’exposer (y compris les collaborateurs bénévoles du service public) et d’assurer l’avenir des familles de ceux qui auraient été victimes de la maladie ;
- approche éthique dans l’élaboration de priorités d’accès aux ressources limitées, y compris en matière de produits de santé et affichage de ces priorités dès lors qu’elles sont arrêtées ;
- rejet de la stigmatisation des malades isolés ou des personnes maintenues en quarantaine ;
- devoir pour chacun de participer, autant que faire se peut, à l’effort de continuité de la vie du pays.
A évaluer en permanence l’état de préparation du dispositif par des exercices aux différents niveaux de l’Etat et la définition d’indicateurs de préparation. Trois catégories d’indicateurs sont définies pour évaluer le niveau de préparation : des indicateurs d’état d’avancement des mesures préparatoires prévues dans le plan, des indicateurs de niveau opérationnel des mesures et des indicateurs chiffrés de capacités. Chaque ministère élabore une liste des indicateurs concernant ses services et les activités dont il a la charge et les communique au DILGA