Chronigrippe - mai

Date de mise en ligne : 1er juin 2010 > 16:46
Dernière modification de cet article : 6 juillet 2010 > 17:04

L’essentiel

L’activité grippale est faible et en diminution dans les zones tempérées de l’hémisphère nord et de l’hémisphère sud. Toutefois, la transmission du virus grippal reste active dans certaines zones d’Asie du sud-est et des Caraïbes.

En France métropolitaine, le virus de la grippe A est identifié de façon très sporadique.

S’agissant de la situation liée au virus H5N1, l’épizootie d’influenza aviaire se poursuit en Egypte et en Indonésie, zones d’endémie, mais aussi au Bangladesh et au Vietnam ; deux cas ont été identifiés en élevage, au Laos et en Palestine. Un cas sur faune sauvage a été mis en évidence en Mongolie. Un cas humain, suivi de décès, a été rapporté au Cambodge ; deux cas humains, dont l’un suivi de décès (une fillette de quatre ans), ont été rapportés en Indonésie.

La situation épidémiologique

Grippe A(H1N1) selon données InVS, Sentinelles, ECDC, OMS :

France métropolitaine

Depuis le début de l’épidémie, on dénombre un total de 312 décès (dont 49 chez des patients sans facteur de risque connu). En semaine 20, l’incidence des consultations pour grippe clinique est de 3 cas pour 100 000 habitants, très inférieure au seuil épidémique estimé à 71 cas pour 100 000 habitants.

Outre-mer

La première vague épidémique de grippe A (H1N1) 2009 est terminée dans l’ensemble des territoires.

International

Au 23 mai, plus de 214 pays et territoires ont fait état de cas confirmés, dont au moins 18 114 mortels.

Dans l’Espace économique européen, en semaine 19, l’ensemble des pays qui ont transmis des données ont rapporté une activité grippale nulle ou sporadique. Parmi les 31 virus grippaux détectés, 71% sont de type B et 13% correspondent au virus de la grippe A.

Partout ailleurs, l’activité grippale pandémique est faible, avec persistance de quelques foyers de transmission épars, dans certaines zones tropicales d’Asie et d’Amérique.

Grippe aviaire à virus A(H5N1) selon données OMS du 6 mai 2010 :

Au total, 498 cas confirmés, dont 294 décès depuis janvier 2004, dans 15 pays.

Des avancées scientifiques et techniques

-  un article publié par le New England Journal of Medicine, analyse une vingtaine de sondages d’opinion réalisés aux Etats-Unis, entre avril 2009 et janvier 2010. En début pandémie, près de la moitié de la population souhaitait être vaccinée, mais cette proportion a considérablement chuté au moment où le vaccin est devenu facilement accessible : la proportion des personnes craignant de contracter la maladie est tombée de 59% en novembre, à 40% en décembre. La crainte d’effets secondaires, les doutes sur la gravité de la maladie et l’assurance d’avoir accès à des antiviraux constituent les trois principaux obstacles à la vaccination. D’autre part, les sondages suggèrent que la plupart des personnes ont suivi les messages de santé publique sur les mesures barrières telles que le lavage des mains, ou le respect d’une distance de sécurité vis-à-vis des personnes grippées. Enfin, une majorité de la population américaine a une opinion plutôt favorable de la réponse gouvernementale à la pandémie ; les deux principaux griefs sont la difficulté d’accès au vaccin en début de campagne et l’insuffisance des garanties sur l’innocuité des vaccins.

-  l’épidémiologie de l’épidémie de grippe A au Royaume-Uni d’avril 2009 à mars 2010 fait l’objet d’une publication dans Eurosurveillance qui met en évidence les facteurs de risque particuliers. 440 cas mortels ont été identifiés ; à la différence de la grippe saisonnière, les cas mortels ont été principalement observé chez les adultes jeunes (âge médian 43 ans, 85% de moins de 65 ans). La majorité des cas, pour lesquels des données étaient disponibles, avaient des facteurs de risque sous-jacents de maladie grave, au premier rang desquels les affections neurologiques chroniques (24%), essentiellement chez des enfants et de jeunes adultes ayant des problèmes de développement neurologique ou des pathologies musculo-squelettiques. Les maladies respiratoires (15%) viennent en second, l’asthme et autres maladies respiratoires chroniques étant depuis longtemps reconnues comme des facteurs de risque de maladie grave, lors d’une infection grippale. Enfin les femmes enceintes sont surreprésentées par rapport à la population générale et sont à risque accru de décès. Les résultats suggèrent que de nombreux décès peuvent être évités si les groupes à risque sont ciblés au début des programmes de vaccination contre la grippe pandémique.

La mobilisation face à une pandémie grippale

A l’international

Dans le cadre du programme de coopération coordonné par l’OMS, les gouvernements et fabricants se sont engagés à fournir 200 millions de doses de vaccin, dont 118 millions ont été effectivement remis. Actuellement 99 pays membres sont candidats pour recevoir ces vaccins dont 84 ont passé convention avec l’OMS. Du 1er janvier au 30 avril, 39 pays ont reçu un total 21 millions de doses de vaccins. En mai, a été envisagée la distribution de près de 17 millions de doses dans 22 pays, dont 1.2 millions au Chili, à partir du don français ; à la suite du séisme du 27 février, les autorités chiliennes s’étaient rapprochées de la France pour solliciter la mise à disposition de vaccin pandémique et ainsi éviter tout problème collatéral de santé publique.

En France

Le président de la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur la grippe A, Jean-Christophe Lagarde, a détaillé ce qu’il considère être, à ce stade, les erreurs mises en évidence dans la gestion de l’épidémie. Il évoque l’inquiétude initiale des experts, persuadés qu’un virus mortel de la grippe allait survenir ; d’autant que le virus de la grippe A est apparu peu de temps après le redouté H5N1, et qu’un plan, à la hauteur de l’enjeu, était déjà dans les tiroirs pour lutter contre une pandémie. Une fois constatée la faible virulence du H1N1, la réduction de voilure souhaitable n’est pas intervenue, la campagne de vaccination étant déjà programmée. En ce qui concerne les commandes de vaccins, une coordination européenne des commandes aurait été préférable à la concurrence entre pays, qui a placé les laboratoires en position dominante.

Tous les mardis, le Dilga réunit les hauts fonctionnaires de défense d’une part, en Mardigrippe, et les responsables de communication de chaque ministère d’autre part, en Copil Info grippe, pour animer et orienter les travaux de préparation à une pandémie. Les thèmes abordés au cours du mois écoulé ont été les suivants :

  • Thèmes de Mardigrippe : le programme de travail, l’évaluation du plan (mesures générales, mesures sanitaires, mesures économiques) ;
  • Thèmes du Copil Infogrippe : mise à jour du site Internet.

Temps forts des semaines à venir

La situation épidémiologique actuelle de post-pic au regard de la pandémie de grippe A est l’occasion de revenir, secteur par secteur, sur la façon dont a été gérée la première vague épidémique, et de pointer les insuffisances de préparation. Un certain nombre d’administrations se sont prêtées à l’exercice qui doit être étendu prochainement au monde de l’entreprise.

Imprimer cet article

Utilisez la commande Fichier > imprimer de votre navigateur si ce lien ne fonctionne pas.

Vidéos

Chronigrippe-mai

(PDF, 26.6 ko)

 

Service ouvert du lundi au samedi, de 9 heures à 19 heures. 0,15€ttc/min depuis un poste fixe. Accessible depuis l’étranger : + 33 (0) 825 302 302.